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La douleur ontologique des Vietnamiens à évoquer leur passé historique
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Lương Cần Liêm
A.- Trois angles d’éclairage.

Du récit mythologique des origines.

Le récit des origines des Vietnamiens est d’abord une histoire d’amour de deux demi-dieux, Au Cơ et Lạc Long Quân, qui vont donner 100 œufs. L’œuf est la représentation de l’unité et de l’entité commune aux cultures de l’Asie de l’Est. Le blanc et le jaune de l’œuf symbolisent le yin et le yang à la source d’un monde fécond et d’une humanité riche.

Des cent enfants, cinquante suivront leur mère vers l’hinterland, l’arrière-pays, et les cinquante autres avec leur père vers le littoral. Les Vietnamiens et les Muong (*) partagent cette légende et avaient ainsi peuplé le territoire. Aussi, l’idée de famille est sacrée et celle de la fraternité est scellée par ce récit mémoriel des séparations précoces. Le terme de " Đồng Bào ", pour compatriote, signifie du même placenta et de la même extraction.

Tous les hommes sont semblables sous l’autorité d’un même Ciel (Trời). Puis ils se sont dispersés aux quatre horizons, aux quatre pieds (bốn chân trời) de la voûte céleste " Bầu trời " ; " bầu " signifie être enceinte dont l’image est comparable à l’arrondi de cette voûte, ou une courge qui servait d’urne. Ce terme veut dire aussi voter, élire. Les Vietnamiens, eux, partagent la même terre-eau, le mot " Đất nước " signifie le pays, et demeurent sous le même toit, " Nhà nước " ou littéralement " maison-eau " pour administration, Etat.

Les Vietnamiens se rappellent de cela quand ils s’appellent entre eux frère, sœur, oncle ou tante.

Dans une géopolitique nord sud.

Les découvertes archéologiques plaident en faveur des premières tribus vietnamiennes installées dans le bassin actuel de la province chinoise de Canton. D’une autre source, la mythologie chinoise décrit à la périphérie sud de son territoire, une population non chinoise (14). Cette population migrera dans le delta actuel de Fleuve Rouge qui sera le berceau de sa civilisation. Le premier nom connu de pays est " Văn Lang " vers 2879 avant J.C. (10) de l’autre côté des montagnes qui le séparent de la Chine. Avec ces proximités géographiques, démographiques, il y aura aussi une proximité historique, culturelle et linguistique. Nombre de phonèmes vietnamiens correspondent encore au chinois ou au cantonnais parlé ; pays-nation en vietnamien : Quốc gia, en chinois Guójia 國家

Jusqu’au débarquement français au royaume d’Annam en 1862, le pays n’avait connu que des envahissements venant du Nord, y compris par l’avant-garde du mongol Gengis Khan. Et chaque fois, ce sera pratiquement le même scénario : une maison régnante devenue corrompue puis affaiblie, une invasion étrangère en profite puis une lutte d’indépendance réussie avec un changement de régime. C’est ainsi qu’entre 939 et 1945, une quinzaine de dynasties et de suzerainetés ont fait l’histoire du Vietnam (10). Les générations répèteront ainsi la même leçon d’histoire qu’avant l’an 939, leur pays avait été mille ans une province chinoise, et qu’on ne saurait renoncer à son identité, ni à son indépendance.

La mémoire collective du Vietnamien est profondément ancrée dans un espace-temps toujours d’actualité avec ses voisins ; et l’axe nord-sud n’est pas neutre. Le nom de pays, le " Vietnam " est géopolitique et identitaire. Il date du début du XIXe siècle : Nam veut dire le sud par rapport à la Chine et c’est un sud habité par le peuple Viet. Avant cela, il s’appelait " Annam ", le Sud pacifique. Aucun pays au monde n’est ainsi déterminé. Pour eux-mêmes, les Vietnamiens vont progresser à partir du XIe siècle vers le sud (Nam tiến) pour des territoires vierges et entrent en contact avec les pays Cham puis Khmer. Le territoire vietnamien s’était ainsi agrandi sur cet axe nord sud, le long de la côté jusqu’au delta du Mékong actuel avec les difficultés de communication et d’administration, l’autonomie et les spécificités locorégionales de sa population que l’on peut imaginer (12).

Pendant les deux dernières guerres au Vietnam, cet axe était devenu un prétexte à la désunion voire à la scission.

Avec une culture nationale toujours en devenir.

La terre vietnamienne est au carrefour de la Chine, de l’Inde, des cultures du sanskrit et mélanésiennes. Venus du nord, on reconnaît le Confucianisme, le Taoïsme et le Bouddhisme Grand véhicule. Du sud, il y a le Bouddhisme Petit véhicule et la culture matriarcale du rôle des femmes et des mères dans la conduite des affaires privées et publiques.

Longtemps, la langue savante des lettrés avait été le Chữ nho, dérivé du sinogramme chinois Hán médiéval avec un prononcé vietnamien. A partir du XIe siècle, la langue vietnamienne va se développer en plein jour. C’est le Quốc âm (le prononcé national) avec sa transcription en Chữ nam, l’écriture du sud, à partir des sinogrammes. Le Chữ nam aura une déviation phonétique en Chữ nôm, cette déviation phonétique persiste toujours dans la région centre du Vietnam actuel. (La formation du Chữ nho et Chữ nôm ressemble à celle du japonais entre les caractères Kanjis du Han chinois, et les Kanas in situ eux-mêmes divisés entre les hiraganas et les kataganas). Il n’y a rien de commun entre le Chữ nho et le Chữ nôm ; et ensemble ils portaient une culture mixte entre l’institutionnel, l’académisme et le populaire. Par exemple, la notion de maison est " Gia " plutôt dans le symbolique et l’abstrait, ou bien " Nhà " plutôt pour un usage concret ou opératoire. La culture a fabriqué son miroir interne et hybride. Cette dualité crée un décalage qui perdure encore aujourd’hui entre le langage officiel et celui de la société civile. Au début du XXe siècle, le " Quốc-ngữ " (langue nationale) conçu depuis le XVIe siècle par les Jésuites pour évangéliser, devient l’écriture latinisée du pays. Dès lors et en quelques années, toute la population ont eu accès à la lecture. Aujourd’hui, on compte une centaine d’érudits à l’Institut duChữ nôm de Hanoï ; le reste de la population – 85 millions personnes – ne lit plus les quelques textes classiques qui ont survécu aux destructions. En romanisant l’écriture selon sa phonétique, le mot vietnamien n’a plus son étymologie, c’est-à-dire ses origines. En somme, il est coupé de son histoire, il n’a plus d’histoire.

Pour entretenir son identité, le Vietnamien intègre la culture étrangère, parfois celle de l’ennemi pour en faire sa propre matière. Le fameux " Phở ", cette soupe mondialement connue pourrait venir du Pot-au-feu français (**). Vis-à-vis de la Chine, c’était la manière de sauvegarder la culture nationale en l’enrichissant. Le Vietnamien répétera cela avec la France pour accéder à la modernité, puis à partir de la partition du Vietnam en 1954, avec les Etats-Unis au sud et au nord avec la Chine et l’URSS. Cette géopolitique participe à une distribution géoculturelle du Vietnam moderne, mondialisé depuis l’après-guerre qui réceptionne de tout part des apports hétérogènes, hétéroclites et disparates imposant de refaire des fondations fiables. Aujourd’hui, les étudiants vietnamiens sont partout dans le monde. En 2013, plus de seize mille aux Etats-Unis, sept mille en France, trois mille au Canada. La Chine offre des bourses d’étudiants pour étudier la médecine, discipline d’accès fermé dans les autres pays.

Comment moderniser son fonds de civilisation et garder l’unité de culture avec ses spécificités sans une pensée totalisante ? La difficulté a toujours fait craindre la division.

Le Vietnamien interroge les repères de pureté et d’authenticité de sa culture en mal de cohérence car prise de vitesse par le développement économique, social et humain. Comme pour toute l’Asie, le mélange et le syncrétisme sont des modes de synthèse du Vietnamien, entre l’orthodoxie des sources premières, l’homogénéité de ses références et la mixité des apports. Tout cela demande un temps historique long et une certaine tranquillité d’esprit. Il faudra pour réussir cet amalgame, une mémoire culturelle et sociétale d’unité et de crédibilité des opinions. Or, cette difficulté est grande avec le manque de recul ; il y a une paresse d’esprit voire une inertie portée par une crainte de la polémique. La tentation de facilité est de réduire la culture à des considérations " prêtes à l’emploi " et de se contenter d’une société de spectacle pour signifier l’unité mythique de l’âme vietnamienne devant le changement trop rapide d’un monde pluri-focal. En refoulant l’expérience passée, l’homme risque de confondre la nouveauté avec la modernité dans la crainte d’être hors course.

B.- Une histoire récente douloureuse.

Les grandes nations ont leurs pulsions d’éternité pour penser leur destinée, poussant leurs hommes aux limites extrêmes de leur audace (la guerre), et travaillant sans compter l’imaginaire collectif pour inventer un futur (la science, la littérature, les arts). Le mythe des origines célestes du Vietnamien le place dans un lignage indestructible. " Le sourd n’a pas peur du [bruit de] fusil " prévient l’adage populaire à qui veut bien l’entendre. Il existe chez lui, une conviction particulière en un destin légitime qu’il décline en termes de Vérité et de Vertu absolues.

C’était en effet insensé que ce Vietnam arriéré puisse engager le combat contre la France puis tout de suite après, les Etats-Unis s’il n’était pas convaincu du triomphe de la Vertu. S’il le fallait, on mettra encore une fois mille ans pour se libérer. Une vérité d’histoire ne peut être vertueuse que si elle est faite par des hommes vertueux. A ce moment, l’histoire était juste et s’il le fallait, la guerre sera une guerre juste. Etre patriote est fondamentalement un sentiment noble, ce n’est pas une idéologie.

Il y a un lien fort d’identification entre l’Histoire, la personne et la pulsion d’avenir, et ce lien envisage la vie comme une éthique sans faille de l’humanité. C’est la brutalité d’un bouleversement qui interroge l’éthique et la vertu entre le nécessaire, le suffisant et le sacrifice, entre le bien, le mal et le résultat des actes qui vont faire l’histoire. Quand l’urgence collective est confrontée à l’impératif privé, la personne doit seule décider et trancher entre être le héros de son histoire ou bien un anti-héros malgré soi. Il n’y a pas que de l’obéissance et de la docilité. Il y a la conscience (Ý thức = pensée éveillée). Ainsi, les Vietnamiens étaient sur les champs de guerre 30 ans contre un ennemi désigné. Une fois avoir répondu au sens du devoir et la paix revenue, chacun allait suivre son idée sur le devenir. Après la guerre, la construction de la paix était forcément confuse pour tout le monde bien que se déployait officiellement la campagne de " l’Homme Nouveau ". Le blocus revanchard américain poussa aussi le régime vietnamien à se durcir davantage. Quelques années plus tard, les nouvelles orientations idéologiques et économiques changeront pour le " Đổi mới " ouvert aux initiatives privées et aux capitaux étrangers. Dès la guerre terminée, les premiers départs ont eu lieu au sud comme au nord, et dans des proportions importantes. Ces partants étaient considérés comme des fuyards, des lâches voire des traîtres, Quelques décennies plus tard, ces personnes seront invitées à revenir visiter le pays natal et participer à sa reconstruction. Il y a eu ces mêmes jugements de Vertu politique sur les personnes de l’exode 1954 du Nord vers le Sud, et auparavant, vis-à-vis des partants volontaires, forcés ou dupés de la période coloniale, considérés comme des vendus, des collaborateurs de l’ennemi français. Le terme de soldat ouvrier – le Lính Thợ ou Công Binh – avait trop mal rendu la situation des personnes et les événements réels (2,3). Aujourd’hui, les enfants de ce Vietnam d’exil restent émus de voir dans le reflet des rizières camarguais, la scène primitive de leurs aïeux qui y avaient cultivé le riz pour nourrir d’un bout de la culture vietnamienne, la descendance et les générations futures des deux pays.

Chaque envahissement est une fracture identitaire qui appelle des réponses jamais uniques, en écho des souvenirs complexes et des expériences douloureuses de l’histoire. Au moment des dangers majeurs, le Vietnamien sait fondre son entité dans l’unité et l’unanimité, faire corps avec le destin national, et suivre le slogan comme une pensée totale. Et en le faisant, il sait s’effacer, et fait le choix de préserver son noyau intime identitaire par une épaisse enveloppe de composition destinée à absorber la difficulté. Pour circonscrire l’urgence, ses actions se développent entre la sincérité, l’efficacité et la fidélité à travers les postures du faire, de l’esquive et des promesses. Puis il attend la suite des événements avec un certain fatalisme car il est persuadé qu’à tête reposée, la vertu de la culture se verra et se refera spontanément comme la marque de fabrique de l’humain.

Aussi, l’homme commun voudrait bien que son acte passé soit reconnu pour ce qu’il a été, comme la vertu de sa vérité. Il souhaite qu’avec le recul du temps, le sens de ses décisions puisse montrer au monde qu’il ne pouvait ni faire, ni vivre autrement mais qu’il avait fait pour le mieux, ou le moins pire. Il voudrait bien faire comprendre qu’à son échelle, l’Histoire avec un grand H est semblable au climat saisonnier, et chacun avait à faire face et à surmonter comme il le pouvait et à sa manière, là où il se trouvait. C’était sa responsabilité individuelle pour une affaire de conscience de vie. Et une fois cette vertu dite au nom de la vie et reconnue comme cela dans sa sincérité, il sait qu’on n’en parlera plus, que l’oubli pourra réparer son drame personnel et que l’anonymat et le silence auront, peut-être la valeur du pardon et de l’excusable, mais sûrement pas du mépris.

L’idée que l’homme a de la vie, de la mort et de la souffrance est bien différente de celle d’une lecture idéologique unique de l’histoire qui juge sans appel les hommes qui ont choisi leur route ou que cette route-là les a laissé sur le bord. Un verre cassé ne se répare pas et il faut pouvoir le raconter pour ramasser la mémoire des gens à la vie brisée. Et en remontant jusqu’à l’histoire de la Grande guerre de 14-18 dont on commémore cette année le centenaire de sa déclaration, parlera-t-on jamais suffisamment des 900.000 indigènes asiatiques, africains et antillais utilisés pour ce conflit mondial en plus de quelques 220.000 travailleurs forcés.

Il faudrait donc voir l’histoire coloniale comme une œuvre humaine générationnelle, comme un passé qui alimente encore aujourd’hui l’actualité des Vietnamiens et des Français. Et cette œuvre est un don au musée vivant de l’histoire pour rendre l’humanité plus humaine et généreuse à elle-même. Associé au don, le pardon n’est plus une repentance de circonstance mais un geste de responsabilité d’homme à homme. C’est comme cela que le Vietnamien peut dissiper la cruauté de ne pas entretenir l’histoire de la haine par des procès en revanche de la revanche, ni charger le futur des hommes d’une culpabilité des actes de leurs aînés pour lesquels ils n’ont eu aucune responsabilité. Et c’est comme cela que la conscience historique peut réduire le poids moral de la colonisation sans la dédouaner en disant que    c’était un temps, malgré tout, de civilisation. Il faudra bien considérer que des deux bords, la colonisation a été pour ce qu’elle est ; dire que c’était " malgré tout " un acte de civilisation est douloureux à entendre car la colonisation n’a jamais été un mal commis pour un bien, dans une ambiguïté d’avoir été le prolongement laïc, civil et militaire de l’évangélisation des peuples.

La France de la fin du XIXe siècle et du début du XXe était puissante. Sa notoriété est universelle, elle tient des thèmes emblématiques de 1789 : Liberté, Egalité et Fraternité. Aussi cette modernité avait très tôt capté toute la jeunesse vietnamienne mais son désenchantement sera aussitôt absolu avec des faits contraires à la parole. Il lui fallait tâtonner pour trouver une stratégie patriotique et révolutionnaire non sans drames, ni tragédies en son sein (6). Cette duplicité était le ver dans le fruit mûr de la République en Indochine et après la Seconde guerre mondiale, elle deviendra la duperie d’une France libérée pour elle-même mais colonialiste chez les autres. Si la culture classique vietnamienne distingue la puissance de la force, c’est qu’elle est convaincue que la puissance des symboles aura le dessus sur la force sale des réalités illégitimes.

Le parcours du futur Ho Chi Minh illustrera les attentes de la jeunesse vietnamienne du début du XXe siècle.

Fils de lettré de province, le jeune Ho Chi Minh refusa l’option monarchique pour l’avenir de son pays. A cette époque, l’Indochinois ne pouvait pas quitter son pays sauf d’être embauché. Notre jeune homme s’embarquera ainsi comme matelot pour l’Occident. Son séjour en France aura été le plus significatif. En métropole, les citoyens sont égaux en droit mais en outre-mer, cette république est impériale dont la modernité consistait à enseigner à ses sujets qu’ils avaient des ancêtres gaulois. En métropole, l’Indochinois pouvait manifester contre le colonialisme mais revenu chez lui, il sera immédiatement emprisonné pour les mêmes motifs car déjà fiché par la police (6). Il fallait à ce Ho Chi Minh parisien, déterminer sa posture par rapport aux idéaux d’une République qui ne cesse de se contredire. Il réfuta la stratégie des constitutionnalistes sur le droit universel et refusera de rentrer au pays par les voies légales.

A Paris, au 6, Villa des Gobelins, le groupe des " Cinq Dragons " tenait réunion que venait de rejoindre le futur Ho Chi Minh (7). De l’autre côté de la place d’Italie, rue Godefroy, il y avait les chinois Zou Enlai et Deng Xiaoping, les futurs dirigeants de la Chine. Et, il fallait à tous ceux-là, trouver une stratégie, déterminer une tactique et créer des opportunités, et à ce titre, la " bonne " révolution est en route en Russie. Ces jeunes Asiatiques étaient imprégnés de culture classique. L’esprit de 1789 était parlant pour eux parce qu’il concilie la Vertu fraternelle, la Modernité espérée et la Révolution par la notion d’un " Eveil " à la manière bouddhique, grâce à une " Conscience claire et éclairée " à la manière marxiste pour une " Harmonie du monde " à la manière confucéenne.

Pour le futur Ho Chi Minh des années 1920, la France des Lumières lui avait refusé sa Lumière. A côté des non colonialistes, il partagea                 l’enthousiasme pour la toute nouvelle Union Soviétique comme le modèle d’une révolution réussie et d’un futur paradis radieux des hommes égaux. A partir de 1922, il publia avec le soutien du Parti Communiste Français le journal " Le Paria ". Ho Chi Minh suivait une démarche intellectuelle classique : ce n’était plus vis-à-vis de la Chine pour sa culture, mais maintenant grâce aux Occidentaux progressistes pour leurs idées et pratiques révolutionnaires. C’était ainsi que Nguyen Tat Thanh prit le nom de combat de Ho Chi Minh en 1942. La France lui avait apporté la théorie marxiste de la libération. Il va fuir en Union Soviétique et apprendre la pratique léniniste de la Révolution bolchevik. Il passera ensuite en Chine, y rencontre des exilés indochinois et prépare le retour au pays en fondant le " Parti Communiste Indochinois " (6). A l’époque, cette idéologie était considérée comme la vraie et seule science globale d’émancipation des opprimés et des exploités.

Face à l’Histoire, le Vietnamien se met en mouvement et son histoire fait corps avec l’histoire nationale. Le vocable " Mình ", le corps commun, sert pour dire le Nous introjecté dans le Soi. Le sentiment de contribution a du sens. Le paysan vietnamien d’antan dans son village en guerre comme le citadin de l’après-guerre avec son internet ou son blog, font face à l’événement de dire ses idées, de décliner son territoire. En temps de guerre, l’homme doit prendre des initiatives, trouver une ligne pour protéger son pré carré, être apte au sacrifice ; la notion de guerre populaire et de soldat paysan avait depuis longtemps un sens historique que concrétisera Général Võ Nguyên Giáp pour aboutir à la bataille décisive de Diên Biên Phu. Le Vietnamien est un pacifiste dans l’âme pour avoir entendu tant d’histoires de guerres, mais ce pacifiste est très vigilant de l’actualité pour garder sa marge d’action. En temps de paix, ce sera une autre chose. Les hommes sont égaux devant la mort mais pas devant la vie. Le Vietnamien réapproprie son individualité et place sa personne entre la tradition d’unité et son désir de réussite personnelle. Il discute ses intentions au même plan que les motivations d’agir chez les autres. Il est critique et ambitieux ; il redoute les abus, le désordre et les privilèges ; il scrute la vertu privée et le sens de l’histoire, l’Etat et le gouvernement, la légitimité et la légalité selon l’expérience du passé. La culture de paix lui indique de rechercher l’apaisement mais il faut agiter les choses pour faire avancer l’unité. La délibération publique devrait, le croit-il, nourrir l’éthique d’unité respectueuse de la diversité d’opinion (4). La mémoire collective se rappelle de la Conférence Diên Hồng (1284) quand le roi Trần Thánh Tông convoquait les anciens pour débattre la seule question : se battre contre l’ennemi ou trouver une voie de paix avec lui.

De son long passé historique, le Vietnamien savait utiliser la culture comme une " arme vertueuse ", un couteau qui peut se retourner contre son maître devenu barbare. Voilà comment la guerre du Vietnam avait opéré sur l’opinion américaine avec la contre-culture de paix du " Make love, not war " des Hippies. Puis la disproportion des Américains noirs morts aux combats par rapport à d’autres a amplifié les arguments du mouvement des Black Panthers puis ceux du Mouvement des Droits civiques de Martin Luther King. Il y aura ensuite un effet papillon selon la théorie du chaos : la consommation des armes de guerre et la production des services liés à la guerre orientaient le complexe militaro-industriel américain vers un gouffre financier à l’origine d’une dette chronique que l’Amérique faisait supporter au monde entier. Peu après, les pays producteurs de pétrole vont se sentir léser et réagir à cette situation ; et depuis, la crise monétaire s’installe durablement. Le Vietnamien pense que l’Histoire porte la Culture comme une Vertu hors temps, composant le lien entre l’éthique personnelle et la morale publique ; elle agit selon une transversalité mentale qui superpose l’événementiel et le structurel, l’immédiateté et le différé, l’acte et l’intention, le profit et l’intérêt. Le combat est d’abord un art dont le principe d’esthétique politique est de dissuader l’usage de la force brutale qui rompt l’harmonie, comme Sun Tzu l’avait pensé dans le classique " L’Art de la guerre " au VIe siècle avant J.C.

Face au futur, le Vietnamien " fait avec ce qu’il a et ce qu’il est " pour l’idéal de " ce qu’il espère avoir et être ". Ce bagage mental correspond aux termes bouddhiques de " l’Ainsité " du " vivre ici, maintenant et pleinement " et à la bonification des acquis reçus, c’est-à-dire le Karma. Saisir le concret est un investissement d’avenir. Sur son territoire, il observe, fait face, s’adapte jusqu’au prochain recommencement du cycle. L’envahissement par les étrangers est de la même nature que l’envahissement par les éléments naturels et climatiques. S’adapter à l’environnement est comme s’adapter à autrui sans perdre son âme. Il faut savoir " lâcher prise ", accepter d’être ignorant pour se projeter dans la trajectoire de l’étranger, être à sa place et repérer ce qui existe en commun. La notion d’ennemi est particulière, liée plus aux circonstances qu’à la personne. La vertu est de savoir changer l’événement et les trajectoires de vie pour préserver la vie.

Pour aujourd’hui, le Vietnamien a des difficultés à stabiliser un fonds culturel commun tiré des expériences venues de tous les horizons. Il découvre la problématique du choc des cultures et des civilisations qui sort des schémas classiques d’analyse. Sa mentalité cherche ainsi des analogies, à saisir l’événement parce qu’il est convaincu de ses capacités infinies d’adaptation en s’adaptant à l’autre : le semblable explique la différence, la fusion n’est pas la confusion. La notion d’un destin providentiel d’une histoire conduite par un équipage dédié – tel le troupeau par son berger – lui est inconnue. L’avenir n’est jamais tracé d’avance, ni les obstacles connus. C’est pourquoi, la notion climatique d’opportunité " Thời cơ " exprime l’instantané d’une adaptation ; l’acte est authentique parce qu’il est la réponse spontanée adaptée à une situation. Et cette disposition répond d’abord au concret selon un déterminisme taoïste : " ça va s’arranger selon un ordre à voir ". Pour cela, il crée des raccourcis : le Vietnamien aime s’adosser aux modèles culturels ou économiques étrangers pour idéaliser leurs réussites. Cette gestion des circonstances sans toucher le fonds des choses peut être bancale, décevante à long terme car l’homme est pressé, ou bien le temps de la réflexion est pris entre deux contraintes du moment ou bien la confiance manque surtout en la jeunesse.

Au contact de l’autre et de l’événement de sa présence, le Vietnamien met en série trois problématiques qui se croisent deux par deux : 1) D’abord, une approche affective et sensitive de l’autre : est-il civilisé et élégant comme un ami ou est-il rugueux et imposant comme une personne inculte ; 2) Ensuite, un constat d’effets d’opportunité : quel est l’intérêt de sa présence ? Quel est son emprise et ses pouvoirs d’influence ? Ces deux questions sont classiques sur la disponibilité et l’intention humaines ; 3) Enfin quelle est ma peur ? Le Vietnamien répond d’abord en termes éthiques trouvés dans son histoire qui soutient          l’harmonie et le bien-ressenti comme fondateurs de l’universel. En adoptant des nouveautés, il bonifie croit-il, son idéal de pureté de sorte que si l’autre n’est pas perçu comme menaçant, il sera a priori bien accueilli. A contrario mais fier et méfiant comme il est, l’Ego du Vietnamien sera plus réservé envers son semblable sans connaître son curriculum. Quand l’empereur Gia Long confiait le prince Cảnh aux Jésuites pour son éducation, il n’imaginait pas que son héritier méprisera le Culte des ancêtres et que la transmission dynastique va perdre progressivement en légitimité.

C.- Quarante ans entre soi (1975-2015) et le retour d’histoire.

Le 30 avril 1975 a été le dernier jour de la guerre du Vietnam avec l’autodissolution-reddition à Saïgon de la République du Vietnam signataire deux ans auparavant des Accords de Paris. Puis, le Parti Communiste Vietnamien conduira seul la réunification du pays l’année suivante.

Entre 1968 et 1973, les protagonistes étaient quatre à la Conférence de Paris. Au fil de ces cinq années de leur rencontre hebdomadaire, il y a eu forcément de l’affect entre eux. Les Vietnamiens se parlaient en vietnamien. Deux lignes de fracture mentale allaient se dégager et subrepticement, elles vont séparer concrètement à la fois les hommes et leurs idées avec en toile de fond, l’appel millénaire de recouvrir l’unité, l’indépendance et continuer leur destin national (5).

D’abord, à la table de négociation, les hommes finissaient par tracer dans leur tête, une ligne de démarcation invisible entre d’un côté les Vietnamiens et de l’autre côté, l’étranger. Cette fois-ci, ce n’est plus la Chine, ni la France mais les Etats-Unis. Les Accords de Paris permettront à cet intrus de se désengager et de rentrer chez lui dans la dignité, sans lui faire perdre la face. Au plus fort de la guerre, il y avait un demi-million de soldats américains et presque 3 millions de personnes logistiques au service de cette armée. Une fois les Etats-Unis retirés, les Vietnamiens se retrouvaient pour un destin d’avenir commun. A cette seconde étape, la deuxième ligne de fracture portait sur le sens patriotique : le mythe des origines et la culture d’unité se remobilisent. Elle indiquait de choisir un modèle de paix et de développement après le cessez-le-feu dans l’esprit retrouvé de la réconciliation et la concorde nationale selon les termes de cet Accord. Et comme pour les Accords de Genève de 1954 avec la France, cette conjecture sera réglée au nom d’un patriotisme qu’incarnaient légitimement les Révolutionnaires contre le camp des partisans de l’étranger qui avait déjà abandonné la partie.

L’histoire considère la guerre du Vietnam et auparavant la guerre d’Indochine comme seulement une guerre de libération contre des envahisseurs soutenus par leurs collaborateurs et des traîtres. Cette vérité masque une autre vérité de la guerre froide beaucoup plus profonde et douloureuse pour les autres gens du Vietnam. A côté de cette guerre d’indépendance, une autre guerre sourde sans nom a vu les Vietnamiens se battre entre eux. Un certain nombre de soldats avait tiré, mais en l’air. Et les Accords de cessez-le-feu les concernaient aussi et surtout. Alors que l’histoire ne peut toujours pas compter ses morts 40 ans après cette dernière guerre, le patriotisme est de nouveau à l’appel aux frontières maritimes du Vietnam. La situation touche à son mythe fondateur, et réactive la douleur des séparations avec le retour dans sa conscience d’un souvenir collectif refoulé des guerres fratricides de son histoire (5). La littérature contemporaine commence à témoigner de la souffrance des survivants et à faire parler les morts des deux côtés.

De l’oubli à la remémoration, le Vietnamien millénaire se souvient des guerres internes d’autrefois, notamment la dernière entre les Trinh et les Nguyên pour l’unification du pays.

Entre 1771 et 1802 (11), il y a eu une guerre civile (Nội chiến = guerre interne) entre les seigneurs Trinh au Nord et les seigneurs Nguyên au Sud alors que la dynastie corrompue des Lê postérieurs, se repliait sur Hanoi. Et avant cette période, les au nord se battaient déjà contre les Mạc (1527-1592). Au sud, les deux maisons Nguyễn s’affrontaient aussi jusqu’à la défaite sanglante des frères Nguyễn Huệ-Tây Sơn (1778-1802) par la branche des Nguyễn Ánh (1600-1802) qui s’emparera de Hanoi en 1802, aidé par des armes françaises. En se proclamant Gia Long, il unifia la première fois le pays et va fonder la dynastie des Nguyễn (1802-1945), la dernière du Vietnam. La capitale sera déplacée à Hué au centre géographique du pays. Puis le roi Minh Mạng (1820-1840) lui succèdera et centralise l’administration selon une inspiration confucéenne pour gérer le pays (15). Il créa une première aristocratie de cour, et manifestera un mépris des méridionaux (1) dont il est issu. Les successeurs de Minh Mang poursuivront la même politique avec le même esprit, et aucun ne saura envisager le passage à la modernité au contact de la France (15). Pas un dignitaire ne parlait une langue étrangère, se moquant de la vertu perdue de la cour de Pékin face aux Occidentaux (Guerres de l’Opium) et des compromis du Japon de Meiji. Les appels à la modernisation sont réprimandés comme des rébellions, réprimés comme des trahisons. Avec la colonisation, le pays des Vietnamiens disparait de la mappe monde, démembré en trois parties, trois identités et trois statuts : les Tonkinois au nord, les Annamites au centre et les Cochinchinois au sud (13).

Profitant de la défaite japonaise à la Seconde Guerre mondiale, Ho Chi Minh proclamera en 1945 la République Démocratique du Vietnam (le Nord Vietnam) à Hanoi, la capitale historique millénaire bien que le pays soit encore sous les forces étrangères. Ce sera seulement en 1954 (les Accords de Genève) que la France lâchera la situation indochinoise après l’avoir " confiée " aux Etats-Unis pour la suite. Le Vietnam devenait ainsi le point chaud de la guerre froide pour contenir la Chine communiste (La théorie des dominos). Puis à l’instar de la Corée et contrairement aux termes des Accords de Genève, fut créée en 1956, la République du Vietnam, le Sud Vietnam : Saïgon sera la capitale, le capitalisme sa référence, le catholicisme la religion officieuse voire officielle. On était avec la logique de l’apartheid, du " un peuple, deux pays ".

Le Vietnamien est appelé à être ainsi patriote au Nord et nationaliste au Sud. Mais quelle différence pour lui d’aimer son pays ? Et quel dilemme ou quelle conviction pour l’homme commun ? La culture de guerre subvertissait la culture d’unité et de paix, et le patriotisme a été idéologisé pour désigner l’ennemi et le traître. L’impératif d’un combat suprême avait teinté le sentiment humain des couleurs de sang. Le compatriote de l’autre côté a été diabolisé, les familles sont coupées. Il fallait décliner l’unité avec l’unanimité sous peine d’être exclu comme un déviationniste, de partir en exode ou d’entrer dans la clandestinité. Pouvait-on remplacer la famille vietnamienne par la famille politique ?

Après la réunification du pays jusqu’à aujourd’hui presque 40 ans après, le débat sur ces lignes de partage d’antan ré-ouvre autrement les esprits. Le Vietnam a renoué des liens avec la France et les Etats-Unis. Les Vietnamiens discutent entre eux pour les meilleurs chemins du développement dans un environnement instable. Entre temps, le monde a changé radicalement. Il n’y a plus aucune idéologie messianique. L’Union Soviétique et ses satellites ont implosé. La Chine est devenue la deuxième puissance économique du monde. Pour la première fois de son histoire, la nation vietnamienne voit plus de 5 millions de ses enfants vivre loin de la terre de leurs ancêtres. Le pays prône " un socialisme à économie de marché ", une notion qui aurait été 40 ans auparavant, irrecevable voire hérétique (6). Aujourd’hui, la planète mondialisée a remplacé la lutte des classes par la concurrence des marchés, et de nouveaux débats s’ouvrent entre les anciens, les modernes et les nostalgiques. Les Vietnamiens d’outre-mer (Viêt-kiêu) y participent.

La remémoration collective de cette dernière période est encore et toujours douloureuse qu’à ses frontières maritimes des îles Paracels, son voisin du nord se montre sans cesse plus envahissant. Cela devient un paradigme fixant l’opinion publique, un défi historique qui laisse une porte très étroite entre un patriotisme rassembleur et une proximité idéologique avec ce voisin au double discours.

Pour être entre soi aujourd’hui, les Vietnamiens reviennent visiter la mémoire des anciens défenseurs de leurs îles, ces soldats de Saïgon qui avaient été qualifiés de fantoches comme les habitants du Sud Vietnam l’avaient été d’une manière directe ou voilée. Et cette remémoration suscite, on peut le croire, de nouvelles considérations de l’histoire contemporaine liée aux guerres et au régime de Saïgon (9).

Un tout récent ouvrage (8) édité au Vietnam écrit à titre de conclusion : " La constitution de la République du Vietnam [le Sud Vietnam] du 26/10/1956 et ses annexes marquent un pas de progrès important du peuple vietnamien dans sa route de construire la démocratie et la liberté. Sur les relations internationales, la souveraineté nationale s’est renforcée. La République du Vietnam a des représentations diplomatiques dans les pays du Monde libre et adhère aux Organisations Internationales importantes, y compris des Institutions spécialisées de l’Organisation des Nations Unies. Sur le plan intérieur, le Président Ngô Đình Diệm a stabilisé la situation, posé une infrastructure politique moderne, un réseau d’administration solide, et unifié les forces militaires nationales. La confiance est revenue dans la population après la période de grave crise. Dommage que cette situation s’est effondrée à partir de 1960… " " [A propos de cette constitution] Une concentration excessive des pouvoirs sur le constitutionnel ainsi que l’élimination radicale de l’opposition et la présence d’un parti dirigeant unique avait conduit le régime de Ngô Đình Diệm progressivement vers un régime personnel utilisant des méthodes dictatoriaux que les armes du [coup d’état du] 01/11/1963 avaient mis fin et rangé dans le passé "…" Sous la pression de l’opinion publique, le gouvernement des Etats-Unis ne voudra plus s’allier au gouvernement de Ngô Đình Diệm… " (page 112).

La mémoire existe parce que l’oubli existe. La remémoration fait le tri des souvenirs qui scellent l’éthique de l’avenir de reconsidérer les erreurs passées car aucun peuple n’est infaillible. Et tous les peuples savent retrouver de l’apaisement d’une morale tirée de l’histoire rassembleuse au-delà des considérations de telle ou telle période. Cette mémoire ré-ordonne les vérités construites sur la douleur d’une condition humaine qui sait se bonifier avec le temps. Cela s’appelle simplement relire ensemble la leçon d’histoire, la même pour tous.

De l’oubli à la remémoration, le Vietnamien pense que l’Américain n’a pas oublié comment qu’il avait été au Vietnam et avec le Vietnam.

(*) : Les Vietnamiens se désignent comme un peuple éponyme d’être les enfants du Dragon (animal mythique des mers et des eaux) et les neveux des demi-dieux (vivant dans les hauteurs, donc près des cieux) : " Con rồng, cháu tiên ". Le peuple Mường (muong) partage le même mythe originel et nomme le peuple vietnamien des plaines par le vocable " Kinh " écrit de deux sinogrammes différents : la capitale ou bien le fil de chaîne (qui forme avec le fil de trame, un tissu) selon Dao Duy Anh : Han-Viet Tu-Dien (1932, 1936),Truong Thi, Saigon 1957.

(**) : Une discussion existe sur le " Phở " dont on s’accorde sur son origine exogène. Ou bien que la soupe vient du chinois " Phấn " http://chimviet.free.fr/quehuong/nguyendu/nddg061.htm (en vietnamien), ou bien du pot-au-feu français. L’argument est prosaïque : l’analogie phonétique [fØ] (comme certains mots vietnamiens : chemise/sơ-mi ; cuillère/cù-dìa ; palletot/banh-tô…) et la même modalité culinaire du consommé : bouillon eau claire + viande cuite dans le bouillon + épices (thym laurier ou anis clou de girofle) + légumes (oignons, navets) à mijoter puis à consommer avec des pâtes de nouille/cheveux d’ange.

Notes bibliographiques :

1.- Choi Byung Wook : Vung dat nam bo duoi trieu Minh Mang. NXB The Gioi, Hanoi, 2011. ISBN 978-604-77-0232-9 (Traduction de Southern Vietnam under the Reign of Minh Mang. 2004, Cornell Southern Asia Program).

2.- Daum Pierre: Immigrés de force: les travailleurs indochinois en France (1939-1952). Paris, Actes Sud, 2009.

3.- Lam Lê : Công Binh, la longue nuit indochinoise, Film documentaire, 2013.

4.- Luong Can Liêm : Conscience éthique et Esprit démocrate. Etude sur l’harmonie et le politique. Paris, L’Harmattan, 2009.

5.- Luong Can Liêm : Portées morales, humaines et géopolitiques des Accords de Paris sur le Vietnam 40 ans après (1973-2013). http://chimviet.free.fr/thoidai/lcanliem/luongcanliem_AccordsDeParis.htm

6.- Marangé Céline : Le communisme vietnamien (1919-1991). Construction d’un Etat-nation entre Moscou et Pékin. Paris, Les Presses Sciences Po, 2012.

7.- Ngo Van : Viet-nam 1920-1945. Révolution et contre-révolution sous la domination coloniale. Paris, Nautilus, 2000.

8.- Pham Dang Thanh, Truong Thi Hoa : Luoc su lap hien Viet Nam, NXB Tong Hop Thanh Pho Ho Chi Minh, TP Ho Chi Minh, 2013. ISBN 978-604-58-0622-7 (Histoire abrégé des constitutions du Vietnam).

9.- Pham Dang Thanh, Truong Thi Hoa: Tu truong lap hien Viet Nam nua dau the ky XX, NXB Chinh tri Quoc gia, Hanoi, 2012. (Pensées constitutionnalistes au Vietnam de la première moitié du XXe siècle).

10.- Quynh Cu, Do Duc Hung : Cac Trieu Dai Vietnam, NXB Thoi Dai, Hanoi, 2013. (Les dynasties du Vietnam).

11.- Ta Chi Dai Truong : Lich su noi chien o Viet Nam tu 1771 den 1802, NXB Tri Thuc, Hanoi, 2013. (Histoire de la guerre civile au Vietnam de 1771 à 1802).

12.- Tran Ngoc Thêm : Van Hoa nguoi Viet vung tay nam bo, NXB Van hoa-Van Nghe, TP Ho Chi Minh, 2013. ISBN 978-604-68-0522-9 (Culture du Vietnamien du Sud-Ouest).

13.- Truong Ba Can : Hoat dong ngoai giao cua nuoc phap nham cung co co so tai Nam ky (1862-1874). NXB The Gioi, Hanoi, 2012. ISBN 978-604-77-0247-3 (Activités diplomatiques de la France pour renforcer son implantation en Cochinchine,1862-1874).

14.- Yan Hansheng, Suzanne Bernard : La mythologie chinoise. Paris, You Feng, 2002.

15.- Yoshiharu Tsuboï : L’empire vietnamien face à la France et à la Chine, 1847-1885. Paris, L’Harmattan, 1987.

Auteur : LUONG Can-Liêm Psychiatre, Dr en Psychologie, Chargé de cours à la Faculté.

Journée " Oublis et Remémorations ", Paris-Montreuil 24 mai 2014. Organisée par l’Association Scientifique Franco-Vietnamienne de Psychiatrie et de Psychologie médicale, et le Musée Vivant de Montreuil.