Chim Việt Cành Nam             [  Trở Về  ]

 
Un Film de Viêt Linh

Mê Thao

Il fut un temps

*

ROSE D’OR Festival de Bergame 2003

*

Sortie le 8 décembre 2004 

DISTRIBUTION
CINEMA PUBLIC FILMS , 
84, rue du Président Wilson 92300 Levallois Perret, 
tél: 01 41 27 01 44, fax: 01 42 70 06 65, e.mail: c.p.films@wanadoo.fr, www.cinemapublicfilms.fr

PRESSE
AGENCE CINECOM,
84, rue du Président Wilson 92300 Levallois Perret, 
tél: 01 41 27 00 62, fax: 01 42 70 06 65, e.mail: valentin.rebondy@wanadoo.fr

MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
Fonds Sud Cinéma, 
ADC Sud

AGENCE INTERGOUVERNEMENTALE DE LA FRANCOPHONIE
Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud, 
Bourse francophone de promotion internationale d'un film du Sud

Synopsis
Au début du XXème siècle, Nguyen, riche seigneur du Viêtnam du Nord, donne asile dans son domaine de Mê Thao à Tam, joueur de cithare recherché pour un meurtre involontaire commis lors du récital de la cantatrice To dont il est l'amant.

Tam se met au service du maître de Mê Thao dont il devient à la fois le fidèle intendant et l'ami dévoué.

Fiancé à une belle de la ville, Nguyen lui offre une automobile et organise une fête au domaine pour la recevoir. Elle n'arrivera jamais : un accident de voiture la tue sur le chemin de Mê Thao. Sombrant dans la passion la plus folle, Nguyen rejette violemment tout ce qui a trait à la modernité, et se réfugie dans le culte de celle qui a disparu. Prenant le dessus sur la sollicitude que le maître a toujours eue pour ses gens, la démence confine celui-ci dans un passé arrêté et peuple sa solitude de fantasmes.

La situation pourrit pourtant petit à petit. Au fur et à mesure que le maître dépérit, le domaine a de plus en plus de mal à résister à la modernisation, surtout lorsque des ingénieurs français, hautains et autoritaires, se présentent avec un projet de voie ferrée. Par ailleurs, Cam, la servante muette, secrètement éprise de son maître, se voit condamner à la noyade pour avoir dérobé la statue de la défunte, qu'idolâtrait Nguyen.

Convaincu que seule la musique aurait le pouvoir de sauver le seigneur de Mê Thao, Tam part à la recherche de To. Mais celle-ci refuse de chanter. Le luth déposé sur l'autel est porteur d'un serment terrible.

A force de persuasion, Tam parvient tout de même à convaincre son amante.

Ainsi, tandis que Nguyen est tiré graduellement de son délire, la cantatrice et le joueur de luth s'unissent par la musique dans une dernière extase. Alors se réalise la malédiction…

Conçu comme un conte sensoriel où la musique a le pouvoir de lier les vies et de nouer les âmes, ce film porte un témoignage à la fois historique et culturel sur l'identité vietnamienne dont la sensibilité très féminine de la réalisatrice semble vouloir panser les plaies.

Viet Linh - réalisatrice
Née en 1952
à Saigon, Vietnam.
Nationalité : vietnamienne.
Actvités cinématographiques

1969 - 1972 : Monteuse de films documentaires à l’office cinématographique Giai phong du Front national de libération du Sud Vietnam.

1973 - 1975 : Formation de cameraman à l’école de cinéma de l’office cinématographique Giai Phong.

1975 - 1978 : Scénariste de films documentaires à Giai Phong Film Studio, Hochiminh- ville.

1979 - 1985 : Diplomée de mise en scène de l’Université de cinéma VGIK de Moscou.

1986 - 2002 : Sept longs métrages de fiction réalisés à Giaia Phong Film Studio.

Filmographie

1986 : Là où reigne la paix, les oiseaux chantent(Noi binh yen chim hot)

1987 : Le jugement a besoin d’un juge (Phien toa can chanh an)

1988 : Cirque ambulant (Ganh xiec rong)
* Prix du meilleur film et de la meilleure mise en scène, Festival du cinéma vietnamien 1990
* Mention spéciale du jury UNICEF, Festival de Berlin 1991
* Prix du public du film pour enfants, Festival d’Uppsala 1991
* Prix du meilleur film, Festival des films de femmes de Madrid 1991
* Grand prix du Festival de Fribourg 1992
* Mention spéciale du Festival de Laon 1993
* Autres festivals : Nantes, Vienne, Tokyo, Aubervilliers, Festival d’automne à Paris.
* Distribué en Suisse (1994,Trigon Film) et en Belgique (RTBF, 1998)

1989 : Une vie volée (Mot cuoc doi bi danh cap)

1992 : La marque du démon (Dau an cua quy)

* Prix spécial du jury, Festival du cinéma vietnamien 1993
* Prix spécial du Festival du cinéma Asie- Pacifique, Fukuoka 1992
* Autres festivals : Canton, Nantes

1998 : L’immeuble (Chung cu)

* Prix spécial du jury, Festival du cinéma vietnamien 1999
* Prix de la réalisation de l’ACCT, Festival de Namur 1999
* Autres festivals : Moscou, Pusan, Fukuoka, Tokyo, Montréal, Arcadie, Mar Del Plata, Nantes, Vesoul, Udine, Bangkok (Asie-Pacifique), Singapour, Jérusalem, Bombay, Berlin (Forum du nouveau cinéma), Festival d’automne à Paris.
* Distribué en France (Caro-Line, 2000) et au Japon (NHK, 2000)

2002 : Me Thao - Il fut un temps (Me Thao - Thoi vang bong)

* Premier prix ‘Rose d’Or’ du festival de Bergame 2003
* Mention spéciale du jury de la Bourse francophone de promotion internationale d'un film du Sud 2003
* Autres festivals : Tokyo 2002 (Semaine internationale du film de femmes), Fukuoka 2003, Namur 2003, Deauville 2003, Singapour 2003, Amiens 2003, Vesoul 2003, Carthage 2004

Fiche technique
Réalisation : Viet Linh
Scénario : adapté du roman "Chua Dan" de Nguyen Tuan par Pham Thuy Nhan, Viet Linh et Serge Le Péron
Production : Giai Phong Film Studio Les Films d'Ici
Photographie : Pham Hoang Nam
Musique : Van Dung
Son : Hoang Anh - Trong Tung - Minh Khanh - Dang Khoa
Montage : Cam Van - Thuy Chung
Interprètes : Don Duong - Dung - Nhi - Minh Trang - Thuy Nga
Mixage : Dominique Dalmasso
Décors : Pham Hong Phong
Visa: n° 108900
Année : 2002
Sortie : le 8 décembre 2004
Nationalité : Vietnamienne
Durée : 104 mn
Format image : couleur - 35 mm - 1:1,66
Format son : Dolby Stéréo SR
Distribution : Cinéma Public Films
Presse : Cinécom
Interprètes : Minh Trang (Cam) - Thuy Nga (To) - Dung Nhi (Nguyen) - Dong Duong (Tam) - Hong Chuong (Vieux domestique)
Interview de Viet Linh
Le scénario est adapté d’un roman ? Pourriez-vous nous situer l’écrivain ? Quelle est sa notoriété au Vietnam ?

VL :Le scénario de Mê Thao est tiré du roman ‘Chua Dan’ (La pagode Dan) de l’écrivain Nguyen Tuan, mais ne s’en inspire que pour les faits principaux et pour le contexte historique. Sans conteste l’une des plus grandes figures de la littérature vietnamienne du XXe siècle, l’écrivain est réputé pour ses récits et nouvelles. Seul roman de Nguyen Tuan, écrit dans les années 40, 'Chua Dan' n'a pu être publié que bien plus tard et à petits tirages. Sa large diffusion ne date que des années 80...

Pourquoi avoir choisi une histoire se déroulant dans un passé lointain du Vietnam ?

VL : A mon avis, les situations et les comportements des personnages du roman permettent une réflexion sur le présent...

Quelles ont été les difficultés de l’adaptation du roman ?

VL : Dans l’adaptation de ‘Chua Dan’, nous avons été confrontés à trois difficultés importantes :

1/ Il s’agit d’un roman plutôt mince pour un long métrage de fiction, et le scénario a dü adapter certains des événements ou créer de nouveaux personnages. La difficulté étant que ces variations doivent en même temps être fidèles aux idées, à l’esprit et à l’atmosphère de l’oeuvre littéraire. L’une des créations marquantes du scénario est le personnage de La Muette.

2/ La musique se trouve au centre du roman. La transposition du langage littéraire en images à travers le jeu des comédiens n’était pas simple non plus.

3/ Des idées du roman ayant donné lieu à des interprétations d’ordre politique, il fallait surmonter l’obstacle de cette opinion tout en ne trahissant pas l’oeuvre littéraire.

Quelle est, pour vous, la signification du personnage de La Muette ?

VL : La Muette exprime un double mutisme : un mutisme physique, car elle a perdu l’usage de la parole ; mais aussi un mutisme social, étant donné son rang dans la société. Ce personnage représente ceux qui dans la société voient tout, savent tout, mais ne peuvent rien dire, sont impuissants.

Les chemins de fer ont-ils été vécus comme un progrès pour la société vietnamienne ?

VL : Evidemment, si on n’examine que la question sous l’aspect du progrès des techniques et de l’amélioration des conditions de vie.

Est- ce que le thème du film est la lutte contre la modernité ? Une telle société féodale existait-elle vraiment au début du 20e siècle ?

VL : La lutte entre la tradition et la modernité a bien eu lieu au Vietnam au début du XXe siècle, et elle se poursuit d’ailleurs aujourd’hui sous d’autres formes : il s’agit d’un phénomène historique normal et qui n’est pas sans effets positifs sur le maintien d’une identité culturelle nationale.

Mais ce n’est pas là le thème du film. La réaction de Nguyen contre la civilisation mécanique ne participe pas de cette lutte : il s’agit de la réaction maladive d’un individu dans une situation très particulière. Sa lutte contre la modernité n’est qu’un prétexte pour imposer une lubie, une illusion : ressusciter ce qui a disparu.

Cette illusion constitue-t-elle le thème principal du film ?

VL : On peut le dire ainsi. Dans la vie, l’illusion est toujours source de malheur personnel, mais lorsque la personne dispose en plus du pouvoir, cela devient une catastrophe pour les autres.

Par ailleurs, Mê Thao est une histoire d'amour, ou plutôt de deux : l'amour qui ne vit que pour soi, et l'amour qui se sacrifie pour que d'autres vivent.

Pourquoi la bien-aimée de Nguyen n’apparaît- elle pas dans le film ?.

VL : C’est d’abord un choix artistique, mais qui traduit aussi que l’idéal vénéré par Nguyen est irréel.

La coutume des lampions ‘porte-bonheur’ est-elle encore pratiquée ?

VL : Ces lampions que l’on lâche vers le ciel sont un jeu très ancien qui fait partie des réjouissances dans les fêtes de village. Leur attribuer une signification de ‘porte-bonheur’ ou de ‘signe de mauvais présage’ est par contre une création du scénario. Aujourd’hui encore, certaines fêtes villageoises du Vietnam maintiennent la coutume, avec toutefois un moyen d’allumage plus moderne - le gaz - et les lampions, aux formes plus complexes, ont des couleurs
chatoyantes.

La musique
La musique que l'on voit et entend dans le film tient un rôle véritablement moteur, puisque c'est par elle que s'ouvre et se referme l'espace du conte. Au travers de deux scènes d'une intensité émotionnelle et d'une efficacité narrative absolument remarquables, le public occidental est plongé de plein pied dans la pureté des traditions musicales vietnamiennes, où le luth accompagne avec raffinement la voix de l'héroine. Comme l'indique la réalisatrice, "il s'agit de deux genres musicaux traditionnels des régions du Nord Vietnam, le 'ca tru' (début du film) et le 'chau van' (récital final). Le ‘ca tru’‚ est un chant que l’on écoutait dans les salons de musique fréquentés par une clientèle de connaisseurs. C'est un genre difficile qui fait la part à l'improvisation. Le 'chau van', lui, est un chant chamanique dont la technique est loin d'être facile". Il est toujours pratiqué dans les séances de transe plus ou moins clandestines. C'est donc par ces mélodies que surgit de la façon la plus poignante toute l'authenticité de l'identité culturelle vietnamienne.